02 juillet 2008
AVRIL 08 - Le monde aura beau changer, les chats ne pondront pas
Au mois d’avril, tout commence le 1er ! (Joyeux 40 ans Eric !)
Au mois d'avril dans l'extrême Nord, il fait chaud comme si un sèche cheveux taille humaine rodait autours de toi à tout moment !
Le 1er, à Magoumaz. J’avais rdv avec le groupe de femmes qui participent aux activités Promotion de la Femme. La Promotion de la Femme, ce sont des animations qui visent à accompagner les femmes des paroisses à obtenir de meilleures conditions de vie, le respect de ses droits, la reconnaissance effective de sa contribution au développement et son insertion dans les activités économiques rémunératrices de revenus. (Il faut que j’envisage un article sur les rapports hommes-femmes).
Le chantier est énorme et se décline en multiples actions au sein du CDD. En voici des exemples :
› des causeries éducatives sur la vie du couple
› la gestion du budget familial et la gestion des récoltes
› sensibilisation à la parenté responsable, EVA (Education à la Vie à l’Amour) et VIH/Sida
› santé familiale : éducation nutritionnelle, hygiène de l’eau
› l’importance de la formation de la femme et de la jeune fille : alphabétisation, scolarisation,…
› Sensibiliser et informer la base sur l’esprit d’entreprise
› Accompagner à la création d’activités économiques
En mars, la première séance avec une quarantaine de femmes en mars m’avait permis de faire connaissance et avait également permis aux différents petits groupes de connaître les activités et difficultés
Mais la seconde visite dérape complètement, en grande partie par ma faute. En effet, j’ai proposé au président du Club D’Epargne et de Crédit de Magoumaz, un homme, d’assister avec moi à la séance ; notamment pour qu’il puisse s’en inspirer dans ses animations auprès des membres de son club.
Toutes mes questions ne trouvent alors que de faibles réponses, et tout est occasion pour parler sur les malheurs que font subir les hommes à leurs femmes. Je vous donnerai les 2 extrêmes à savoir une femme explique qu’elle ne peut même pas bouger le petit doigt sans l’accord de son mari, que faire une activité économique en son nom est impossible, comme son mari à un salaire, elle n’a aucunement besoin d’avoir ses propres choses à faire, elle doit rester à la maison, point !
Une autre explique comment son mari compte sur elle pour tout. Il passe la majorité de son temps à jouer aux cartes ou au marché pendant qu’elle doit cultiver, faire de multiples activités (vente du bois, préparation de beignets, culture de tomates,…) pour payer l’école des enfants et tout ce qui va avec la vie de familles.
Bien sûr c’est la version côté femmes mais je saisi que beaucoup de messages sont en train d’être passé à l’homme que j’ai invité pour cette séance. Moralité, dans cette zone, il fallait surtout laisser les femmes entre elles. A retenir pour plus tard.
Au final, une séance très déstabilisante qui clos là mon intervention.
8 jours après je suis à Hina avec Stéphane, un volontaire du Sud Cameroun en visite chez nous. Cette fois-ci je rencontre des membres du Club d’Epargne et de Crédit qui veulent améliorer leurs activités d’élevage. C’est Florent, le président du CEC qui a mobilisé ces membres et qui me convainc de revenir après une séance qui avait eu lieu en novembre 07 où certaines personnes avaient largement perturbées la réunion en me demandant si j’étais venu pour acheter leurs marchandises. Pour me demander des réponses « claires comme ma
peau » !
Ces personnes ne sont pas là ce jour et c’est l’occasion d’identifier les principaux problèmes des « vrais membres » sur leurs élevages. On en déduit que la première difficulté concerne la mortalité cyclique des animaux et le traitement des plaies et parasites.
Je les incite à organiser une rencontre avec un spécialiste, un vétérinaire local par exemple, qui pourra leur apprendre les choses sur la santé des animaux. Car sans cela, je crois que toutes les actions d’amélioration de l’élevage sont limitées. Je les accompagnerai en juin-juillet sur la gestion de l'élevage.
Je ne vous raconterai pas toutes les séances de travail du mois, passons à la fête et au
tourisme. Le 19 avril, c’était la Journée Diocésaine de la Femme toujours organisée par les coordinatrices de la Promotion de la Femme. Lors d’une matinée, c’était l’occasion de débat sur le rôle de la femme, des témoignages de femmes qui sont lumières dans leurs milieux familiaux, professionnels ou politiques. Ce fut
l’occasion également d’un délirant squetch qui met en scène l’homme qui discute avec sa femme et l’accompagne dans sa grossesse et celui qui ne trouve pas 100 F pour les consultations de son enfant malade préférant utiliser son argent pour les boissons locales. Enfin, ce sont quelques danses traditionnelles qui ont rythmée la matinée.


En avril j’ai eu également de nombreux visiteurs. Stéphanie une volontaire du Sud avec une amie à elle. Zounedou en vacances « au pays », Gautier et Sophie, volontaires de Douala qui sont venus faire la promotion aux classes de terminales scientifiques de l’Extrême Nord pour l’école d’ingénieur dans laquelle ils font leur mission.
Avec Gautier, Sophie et Edouard, le responsable du CDD, nous partons voir le lac de Maga, une retenue d’eau créé dans les 70’s pour pratiquer la culture du riz irrigué dans les plaines alentours.
Nous tentons désespérément de voir les hippopotames, nous profiterons surtout d’une
baignade (boueuse pour certains) avec plein de jeunes amis autours de nous et de voir les pêcheurs en action. Les photos parlent d’elles-mêmes.
15 juin 2008
MARS 2008 - Le soleil n’oublie jamais un village, même s’il est petit !
J’avais déjà remarqué qu’avec ces 31 jours, le mois de mars a toujours été un mois plein dans mon activité professionnelle.
Si le semi-marathon entre Maroua et Mindiff a signé le premier jour de mars, cela s’est enchainé avec un marathon d’activités.
Tout d’abord le passage du permis moto le 05 mars. Que j’ai validé dignement, sans recours aux propositions d’acheter le bout de papier. C'est-à-dire en passant l’épreuve théorique (combiens y-a-t’il de freins sur une moto, qu’est que la priorité à droite, qu’est-ce qu’une agglomération,…) et pratique (un slalom entre 6 plots sans poser le pied par terre et ….c’est tout).
Me voilà en capacité de sortir des limites de Maroua. J’y reviendrai plus tard.
Le 09 je suis à Koza pour assister à la remise des prix du concours du meilleur entrepreneur rural de la paroisse. J’en ai déjà parlé dans un précédent article, il s’agit d’une animation pour inciter les 15-25 ans à entreprendre une culture ou l’engraissement d’un animal ou un commerce. Dans ce contexte, des animateurs viennent noter les activités et en profite pour donner des conseils sur les techniques à utiliser.
Le Père Gilbert Damba et l’animateur Zibi remettent donc des lots aux vainqueurs. J’apprécie la remarque d’un des jeunes qui soulignent que grâce au concours, il a appris à avoir un bon rendement à son champ de cannes à sucres et qu’il peut ainsi payer son écolage.
Ensuite nous partons à Kila le 15, un village proche de Rhumsiki, avec Jérôme et sa bretonne d’amie d’enfance Rozenn. Nous allons rencontre 2 animateurs agricoles qui ont été formés au centre Jéricho Diocésain de formation des couples d’agriculteurs.
Une fois arrivé au village de Kila, à 3h de Maroua, il nous faut 1h45 pour atteindre le petit village perché et le saré de Barthélémi (qui lui, fait l’aller retour plusieurs fois dans une semaine)
En discutant, il nous explique que lui n’est jamais allé à l’école, qu’il paye l’école pour son petit frère qui est en 5ème et qui est pour le moment l’enfant le plus « éduqué » de toutes les générations du village.
Cette journée restera dans notre mémoire pour beaucoup de choses principalement pour 1) journée la plus « nourrissante » puisqu’après
un léger petit dej, nous partageons la boule de maïs avec les prêtres de Kila à 13h, à 16 Marie la femme de Barthélémi enceinte de 9 mois le jour même nous sert la boule ci-présentée en photo, au retour au centre de Kila vers 18h, le second animateur, Patrick que je devais visiter le soir même avait également prévu le repas, et enfin de retour à Rhumsiki pour la soirée, nous avions demandé à Dominique, un guide que je connais de nous prévoir le
poulet arachides.
Ceux qui me connaissent bien n’auront aucun doute sur le fait que j’ai réussi à honorer tous les plats par peur de décevoir nos multiples hôtes.
2) le retour en moto entre la montagne de Barthélémi et le centre de Kila, 45 minutes à donf derrière un chauffeur équilibristo-inconscient où il a fallu fermer les yeux à plusieurs reprises, une poule accrochée au bras (cadeau de nos hôtes).
Le dimanche, nous retournons visiter l’autre couple, nous parcourons leurs champs, nous profitons d’une rencontre avec une vieille maman pour apprendre la technique de récolte des termites ! Ensuite retour à Rhumsiki et ses paysages splendides J’ai déjà eu l’occasion de le souligner.
Enfin le clou du spectacle en mars, ce sont les 5 jours dédiés aux monts Alantika. Toujours avec les bretons Jérôme et Rozenn auxquels s’ajoutent Armelle pour former un quator détonnant.
Les Monts Alantika, lieux et habitants qui ont inspiré Niger Barney, L’anthropologue en déroute (livre que tous les volontaires qui partent en Afrique lisent). Je ne peux commencer ce récit sans remercier Jean-Baptiste, un ami de Thierry notre chargé de mission, que j’ai connu
en février à Maroua. Il a tout arrangé pour nous, une voiture pour nous transporter de poli à Wangaï, l’accueil chez lui pour 2 nuits, les repas, les guides pour le « treck » de 3 jours. Enorme merci collectif Jean Baptiste.
Les monts Alantika, c’est un endroit au bout du monde Camerounais. Où même les camerounais ne savent pas qu’il existe. Un lieu montagneux où les villages ne sont accessibles
qu’à pieds et où les femmes s’habillent avec des feuilles et fument la pipe.
Après 1 journée entière de transport pour atteindre Poli, il faut ajouter 3 heures pour arriver à Wangaï, chez le lamido, le chef Mulsulman de la localité, et trouver nos guides pour 3 jours. Nous partons enfin sur nos pieds pour atteindre le village où nous passerons la nuit « Bimlerou bas ». Notre esprit à tous les 4 est l’aventure d’abord = toilette au ruisseau, on prépare nos repas sur notre foyer à 3 pierres, sinon c’est sandwich, la nuit se fait sur une natte,
à la pleine lune. Femmes et enfants s’assoient à 12 cm de la natte pour nous observer dans nos discussions et préparatifs de nuit (la petite crème de nuit d’Armelle, le duvet eskimo de jérôme,…) Nous échangeons des chansons avec eux jusqu’à ce que les étoiles nous subjuguent, non sans quelques galopades de chèvres autours de nous. Le lendemain, on grimpe fort pour atteindre les villages encore plus perchés. Nous y arrivons non sans mal. Nous remarquons comment les « komas », l’ethnie locale, a pour habitude de s’enlever les 3 dents du haut. Il nous semble que c’est plus facile pour
fumer la pipe la bouche fermée mais l’énigme reste intacte.
En accéléré nous passons la journée comme dans une bulle à se faire observer autant que nous observons, à distribuer savons, allumettes et sel pour payer les différents services d’accueil. Nous «
payons » la danse le lendemain matin à laquelle on nous invite à participer, je tente quelques pas puis nous plions la natte avant la photo d’adieu avec nos amis.
Ce genre d’endroit cache des merveilles, un point d’eau nous attend pour nous rafraichir alors que la température dépasse les 45 à l’ombre. Nous arrivons en fin de matinée à Wangaï. Le retour à Poli avec Jean-Baptiste dans une autre Suzuki Samouraï nous offre
encore de voir de gros singes sur la route
Agri-tourisme à Douroum-Manguirdla
Il est à l’Extrême Nord Cameroun des hommes qui ont l’extrême intention de faire leur village se développer pour le bien de tous. Jean Raison Badam est l’un de ceux-là. Elite dans son village de Manguirdla, c’est un prêtre italien qui l’a incité à créer un lieu d’accueil pour les visiteurs qui veulent profiter du magnifique environnement.
D’un boukarou, il est ensuite passé à 2 et maintenant c’est un campement de 4 boukarous avec case de cuisine et de repas.
Et dans l’accueil des visiteurs, l’objectif est d’aller plus loin que le passage d’une nuit avec repas. Le principe est l’agri-tourisme, c'est-à-dire pour le visiteur se détendre en découvrant les lieux, les gens, les traditions. Dans cet esprit, avec Nadia nous étions parti marcher dans les montagnes environnantes pour visiter les chefs locaux et découvrir l’incroyable densité d’habitation parmi les rochers suspendus et tiges de mil. Nous avions dormi chez notre guide.
Avec Thierry Manuguerra, Philippe Camerounais du Sud, Armelle et Jérôme, nous sommes allés faire la messe en montagne et apprécier la vue panoramique, nous avons visité le centre de formation du Diocèse pour les couples d’agriculteurs et le verger d’Agrumes et de Mangues, et nous avons aussi dansé avec les jeunes du village avant d’apprécier les étoiles puisqu’aucune pollution électrique n’est disponible dans le village pour le moment.
Ce qu’il faut souligner encore c’est que ce campement à vocation à devenir le campement du village. Il l’est déjà dans le sens où des villageois travaillent à l’accueil et au guidage des visiteurs. Mais l’objectif est que son organisation et sa gestion soit peu à peu le fait d’une équipe du village et que des projets soient financés par la venue des touristes/visiteurs.
Voilà ces quelques mots de présentation. Vous pouvez télécharger la plaquette ici. CampementManguirdla_PlaquettePage1
CampementManguirdla_PlaquettePage2
14 juin 2008
FEVRIER 2008 - Là où le cœur est, les pieds n’hésitent pas à aller
Pour une fois je vais tenter en accéléré de vous faire vivre les quelques mois écoulés. Puisque le dernier récit parle du mois de février, et bien voilà la suite !
Malgré des difficultés pour arriver par le Tchad, Thierry Manuguerra, notre chargé de mission de la DCC atteint l’extrême Nord via Douala plutôt que N’djamena (tiraillée par les rebelles qui attaquent le président Tchadien Idriss Déby, que la France va « sauver »). Quelques jours
de retard mais il tombe pile poil pour que l’on fasse un bon WE le 10/02 dans le village de Manguirdla, où son charmant campement et ses habitants nous reçoivent. Pour cela il a fallu que Thierry, Armelle et Jérôme se tassent confortablement dans le siège arrière tout juste molletonné de la Suzuki Samouraï. Devant avec Philippe, un ami de Thierry qui est plutôt conforme au format d’un sudiste qu’il est, on est relax !
Bref, on atteint notre cible, dépliage de jambes, castel d’accueil puis on visite le marché, le forgeron et sa dame la potière, le centre de formation des jeunes couples ruraux du Diocèse, le verger du Diocèse,…Retour au campement pour le repas du soir et quelques contes Mofou en digestif.
Le dimanche, non sans avoir risqué de perdre Philippe dans la marche ascensionnelle vers Mazkal et sa messe en pleine air nous profitons de l’extrême beauté de ces lieux perchés mais habités de toute part !
Retour ensuite sur Maroua pour assister à la malheureuse finale de la Coupe d’Afrique des Nations dans laquelle le Cameroun n’aura su réveiller les lions qui avaient rugit jusque là pour passer tous les prédateurs et autres antilopes qui exercent sur les terrains de foot africains.




Soit, cela ne va pas entamer notre bonne humeur, la semaine se passe dans un esprit léger qui accompagne Thierry dans ses entretiens auprès des volontaires de l’extrême Nord.
En voilà la brochette photographiée dans son environnement direct !
Dans l'ordre : Jérôme, Armelle, Benjamin, Pierre Emilie et Jeanne, votre dévoué conteur.
A peine Thierry parti, Jérôme, Benjamin, Armelle et moi nous rentrons dans le
bus de Touristique pour rejoindre Garoua et le mariage de Moumini et Catherine. Catherine a passé 3 années de Volontariat dans l’encadrement d’handicapés et de leurs familles. Mais elle n’a donc pas fait que travailler !! Si chez nous nous avons l’habitude de se présenter par notre nom et notre activité professionnelle principale, pour vous présenter Moumini, il s’agit de présenter les multiples talents qui le composent, d’animateur, à conducteur moto chevronné, de karateka à agent de transfert de fonds !
Soit, j’ai l’honneur de conduire les mariés à l’église pour une très belle bénédiction. Ils nous ont réservé une très belle soirée avec impressionnant buffet et danse locale à laquelle nous nous sommes exercés avec Benjamin.
Après ces WE je retourne à mes footings réguliers pour retrouver un
semblant de ligne qui doit me permettre d’accomplir le semi-marathon entre Maroua et Mindiff le 1er Mars.
Avec Wiltord et des amis et lui nous avons convenu du programme d’entrainement avec 3 sorties par semaine. Et la chaleur me laisse encore un répit en ce mois de février.

Seulement les événements de Douala et Yaoundé à la fin du mois repoussent la course à une date inconnue. Je ne me sens pas de continuer ce rythme d’entrainement surtout avec la chaleur et le travail qui m’attend. A 3 avec Bamogo (appréciez ses chaussures en photo) et et Wiltord nous faisons finalement notre Maroua Mindiff de 23 km le 1er mars
2008 avec notre coach Jérôme en photographe ravitailleur (kilomètre 10, étirements) ! Au final je fini petites jambes en 2h15, Wiltord et Bamago m’ayant devancé d’un bon quart d’heure. J’ai bien l’impression que les muscles ont fondu avec toutes ces bières !
23 avril 2008
Journée de Promotion Humaine de Ouzal
<p>Journée de Promotion Humaine de Ouzal</p>
Si le rythme des articles a clairement diminué en 2008, c’est notamment parce que le programme de travail et loisirs s’est amplement chargé.
Début février, j’ai participé à une Journée de Promotion Humaine animée par le comité de développement de la Paroisse d’Ouzal. Ce comité s’appelle le CPH : Comité de Promotion Humaine.
Présentation du Thème de la journée par
le C.P.H.
Dans la réalisation de nos projets de développement communautaire, nombreuses sont les difficultés que nous rencontrons et qu’ensemble nous essayons de résoudre pour faire avancer les activités.
Parmi toutes ces difficultés rencontrées ces dernières années, le problème de la division de nos communautés attire de plus en plus notre attention, car cela empêche carrément le dialogue et compromet sérieusement de toutes les activités de promotion humaine qui sont actuellement en marche dans nos villages.
Le CPH de la Paroisse d’Ouzal, conscient de cette problématique, invite à cette 5ème Journée de Promotion Humaine fin de réfléchir au valeur traditionnel de l’unité et sur l’importance de trouver des espaces d’entente afin de trouver des solutions au problème communautaire de la division soit elle politique, clanique, géographique, ou religieuse.
Depuis le mois d’octobre 2007, le CPH d’Ouzal est mobilisé dans la préparation de cette 5ème Journée de Promotion Humaine par des réunions de réflexion en équipe CPH, par des rencontres avec les différents chefs du village et par une rencontre dialogue faite avec la population de chaque village pendant le de novembre passé pour discuter le problème de la division. Voici la synthèse de cette descente aux villages :
1. Quelles sont les divisions existantes dans votre village ? Voici les réponses de la population au questionnaire présenté par les membres du CPH de la Paroisse, lors de la descente aux villages faite pendant le mois de novembre 2007 :
Les divisions existantes dans nos villages sont les suivantes : divisions politiques, la division entre les clans d’un même village, la mésentente entre les chefs (blamas et lawans) d’un même village, les divisions entre les jeunes et les adultes, la division entre les jeunes qui vont à l’école et ceux qui n’ont pas fait l’école, les divisions religieuses, les mésententes entre les villages.
2. Quelles sont les causes de ces divisions ? Voici les réponses de la population.
La mésentente entre les responsables des partis politiques, la recherche de l’argent, l’individualisme, la jalousie, la multiplication des petits marchés, l’alcoolisme, le manque de dialogue dans le village, les détournements et la corruption, la rivalité entre les chefs, la soif de pouvoir, le manque d’engagement des jeunes dans les activités de développement du village.
3. Quelles sont les conséquences de ces divisions ?
Certains villages n’ont aucun programme de développement, certains projets (puits, biefs, routes, reboisement) ne sont pas réalisés, on n’obéit plus aux autorités traditionnelles, les gens ne font plus le travail dé bénévolat, la dégradation des réalisations déjà faites (radiers, salles de clase, puits) parce qu’elles ne sont pas entretenues, certains personnes se découragent et ne veulent plus s’engager dans les activités de développement.
Suite à ce premier travail c’est
maintenant la Journée du 02/02 qui a réuni les
habitants de ces villages (plus de 400 personnes) pour poursuivre la
réflexion.
Des interventions « d’experts » sont organisées puis les participants sont répartis en carrefour de réflexions pour que chacun puisse s’exprimer sur le problème soulevé.
Voici la synthèse de ces carrefours :
Qu’est-ce que nous pouvons faire pour diminuer les divisions ?
Synthèse carrefour des Autorités :
Ne pas faire de différence entre les ethnies, entre les religions, entre les « grands » et les « petits »,
Se mettre au service des gens. Par exemple en faisant des tournées au village pour prendre connaissance des problèmes et sensibiliser les populations,
Aider et accompagner les chefs traditionnels et autorités à comprendre leurs rôles, grâce à des rencontres d’information,
Lorsqu’il y a un problème, créer rapidement des rencontres entre les autorités compétentes pour trouver des solutions,
Mobiliser les autorités autours des questions de promotion humaine telles que : « comment mettre l’homme debout ? » car tout le monde à un rôle à jouer.
Synthèse carrefour des
villages :
Se regrouper souvent au sein du village (par exemple une fois par mois), sans distinction de sexes, de religions ou de personnes. Ceci :
pour que les différentes classes sociales, autorités et générations dialoguent et ne soient pas en conflits,
pour que tout le monde puisse être sensibilisé sur : le respect des valeurs traditionnelles, le respect des uns et des autres, le bien être des travaux et réalisations communautaires, les droits et devoirs de chacun,…
Pour organiser le développement du village et la participation de tous. Cela veut dire : s’entendre sur ce qu’est la démocratie, organiser des journées de promotion, se soutenir dans les souffrances,…
Améliorer les relations avec les autorités afin de pouvoir changer des chefs qui sont inactifs ou amener des représentants de partis politiques à participer physiquement et financièrement aux activités de développement.
Synthèse carrefour des C.P.H. :
Persévérer dans la conscientisation des populations et des représentants des villages, notamment avec l’appui des chefs,
Organiser des événements comme des journées porte-ouverte pour se rassembler sur des thèmes comme le bénévolat ou les jeunes.
Ensuite un repas était organisé pour chacun des groupes de participants et tout le monde s’en est retourné.
Moi j’en ai profité pour grimper une petite montagne avec Jean Pierre et profiter de la vue.









